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Evaluation et audit des fournisseurs

Nos Experts

Le cœur d'une démarche d'achats responsables réside dans une évaluation et un audit performants des fournisseurs. Dans ce sillage, plusieurs alternatives sont à envisager. Sara Carvalho de Oliveira nous éclaire sur les différences et les conséquences de ces solutions pour mener à bien une politique d'achats responsables, à l'occasion de la parution de notre ISR Way #6, consacrée à la chaîne d'approvisionnement.

L’évaluation et l’audit des fournisseurs constituent le bras armé de toute démarche d’achats responsables. Au-delà des engagements pris au travers d’une charte ou d’un code de conduite à destination des fournisseurs, les modalités d’évaluation et d’audit sont pour nous investisseurs des indicateurs de performance, révélateurs du niveau de maturité de la démarche. Dans ce contexte, nous observons la diversité des solutions qui s’offrent à l’entreprise : plateformes généralistes de notation RSE, initiatives sectorielles ou gestion entièrement internalisée.
Quelles différences et quelles conséquences ces solutions ont-elles pour la politique d’achats responsables ?

Les plateformes généralistes

Les plateformes collaboratives du type Sedex ou EcoVadis, sont devenues des incontournables de l’évaluation RSE de la chaîne d’approvisionnement. Elles permettent aux entreprises de collecter des données ESG sur de nombreux fournisseurs à moindre coût, grâce à la mutualisation des données. Elles allègent également la charge de travail des fournisseurs, qui ne transmettent leurs informations ESG qu’une seule fois en remplissant le questionnaire sur la plateforme, et non pas individuellement auprès de chaque client. Un gain de temps partagé, qui explique pourquoi près d’une grande entreprise sur deux utilise aujourd’hui ces plateformes[1].
Sedex accompagne également ses clients dans l’audit de leurs fournisseurs, en permettant notamment aux auditeurs de télécharger directement sur la plateforme les résultats d’un audit SMETA.

Sedex

SMETA : une méthodologie d’audit sur site qui fait référence

SMETA a été développée de manière collaborative par le forum des parties prenantes Sedex, qui réunit les acteurs impliqués dans les achats responsables à l’échelle mondiale. L’idée est là aussi d’éviter la duplication des efforts en permettant aux fournisseurs de se soumettre à un seul audit, selon une méthodologie reconnue, qui satisfera les demandes de nombreux clients. Publique et pouvant être utilisée par n’importe quel auditeur, SMETA regroupe les bonnes pratiques en matière d’audit RSE telles que des recommandations sur le calendrier de l’audit, ou encore le nombre d’employés à interroger selon la taille de l’entreprise. La méthodologie reprend en fait les quatre piliers du questionnaire Sedex : normes du travail, santé et sécurité, environnement et éthique des affaires. Ce dernier doit d’ailleurs être rempli par site, afin de préparer un éventuel audit physique, tandis qu’EcoVadis collecte l’information au niveau du groupe et ne propose pas d’accompagnement en termes d’audit.

Prestataire(s) externe(s) ou gestion en interne ?

Le choix du prestataire peut donc être dicté par la partie de la démarche d’achats responsables dans laquelle l’entreprise souhaite être soutenue, mais dépend également beaucoup de la présence de ses fournisseurs sur les deux plateformes, qui varie selon les secteurs et la géographie. Ainsi, les acheteurs sont souvent amenés à combiner les deux pour obtenir une couverture optimale de leur base fournisseurs.

Une gestion en interne peut faciliter l’intégration des achats responsables à la politique globale de développement durable de l’entreprise

Le recours à un prestataire externe induit néanmoins une moins grande maîtrise des données, le questionnaire étant standard et l’évaluation dépendante de la méthodologie de la plateforme. Certaines entreprises choisissent pour cette raison de gérer en interne tout ou partie de la démarche. Une gestion en interne peut faciliter l’intégration des achats responsables à la politique globale de développement durable de l’entreprise, en alignant par exemple les critères d’évaluation des fournisseurs et les priorités des plans d’action avec les objectifs de développement durable que l’entreprise s’est fixés.

Néanmoins, cette flexibilité a un coût et se traduit souvent par la couverture d’un nombre réduit de fournisseurs et par une concentration sur les fournisseurs de premier rang. Par ailleurs, une internalisation complète pose la question de l’objectivité de la démarche, surtout lorsqu’elle est menée directement par les équipes achats, et de l’alignement avec les référentiels globaux.

Les initiatives sectorielles

Plusieurs alternatives existent afin de trouver un bon équilibre entre ces différents paramètres : l’une d’elles réside dans les initiatives sectorielles qui permettent d’atteindre un grand nombre de fournisseurs tout en garantissant un niveau d’exigence conforme au standard sectoriel, voire de participer à sa définition. L’initiative Together for Sustainability (TfS), fondée en 2011 par 6 multinationales du secteur de la chimie, permet par exemple à ses membres de partager leurs évaluations fournisseurs, gérées par EcoVadis, mais surtout de mutualiser les audits. Chaque membre est responsable de l’audit par un organisme tiers indépendant d’un certain nombre de fournisseurs, conformément à la méthodologie commune mise en place. Les initiatives sectorielles sont également utilisées pour cibler une problématique ou une matière première spécifique. Dans le secteur du textile, 23 grandes marques se sont par exemple regroupées au sein de l’intiative Zero Discharge of Hazardous Chemicals (ZDHC) et ont mis en place un référentiel d’audit commun pour combattre l’utilisation de produits chimiques dangereux dans le secteur.

Laborlink

L’apport des nouvelles technologies

Enfin, de nouveaux outils s’appuient sur les technologies mobiles pour proposer aux entreprises des méthodes innovantes de collecte de données ESG sur leur chaîne d’approvisionnement. MyLaborlink, fondé par l’entreprise sociale Good World Solutions, permet par exemple d’interroger directement les employés d’un fournisseur sur leurs conditions de travail via des applications mobiles. Ainsi, un canal de communication direct entre les employés et le donneur d’ordre est instauré, grâce auquel ils peuvent également signaler de manière anonyme des conditions de travail dangereuses ou des pratiques abusives en temps réel. Un nouveau type de données collectées directement « à la source », utiles pour compléter celles plus « officielles » recueillies via les questionnaires et les éventuels audits.

Transparence

Au-delà de l’outil choisi, il nous semble nécessaire de rappeler ici l’importance d’une communication transparente en matière d’évaluation et d’audit des fournisseurs. En effet, une information détaillée sur le périmètre de la démarche (nombre de fournisseurs par rang, part de fournisseurs évalués/audités, méthode de priorisation des fournisseurs), les critères ESG utilisés dans l’évaluation, la méthode d’audit (audits internes ou externes, durée de l’audit, critères audités…) et les résultats obtenus est indispensable à la compréhension de la démarche et à son évaluation.

Une communication transparente en matière d’évaluation et d’audit des fournisseurs est indispensable

L’édition 2017 du Sustainable Procurement Barometer EcoVadis/HEC souligne d’ailleurs que si les pratiques se sont considérablement améliorées en termes d’objectifs fixés et de politiques mises en place, les progrès sont moins visibles en matière de reporting.

Supplier

A cet égard, le renforcement des exigences légales en matière de responsabilité des entreprises vis-à-vis de leurs fournisseurs, visible en France à travers l’adoption de la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d'ordre début 2017, pourrait accélérer l’amélioration de la transparence sur ces questions. Les entreprises soumises à cette loi auront en effet pour obligation de publier un « plan de vigilance » détaillant les mesures mises en place pour identifier et prévenir les risques d’atteintes graves aux droits humains, à la santé et à la sécurité des personnes et à l’environnement tout au long de leur chaîne d’approvisionnement.

Retrouvez l'intégralité de notre ISR Way #6 en pdf >>

[1] 7ème édition du Sustainable Procurement Barometer EcoVadis/HEC, réalisé sur un échantillon de 120 entreprises, p.14.

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