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Quelles solutions pour les filières durables ?

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Pour créer des filières durables, bénéficiant aux producteurs, industriels, distributeurs et enfin aux consommateurs, LSDH (Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel) s’est inscrit parmi les premiers signataires de contrats tripartites. Emmanuel Vasseneix, PDG de LSDH, revient sur cette initiative, en écho aux propos de Serge Papin, PDG de Système U, dans son interview pour notre ISR Way consacrée à la chaîne d’approvisionnement.

Vous êtes dirigeant de la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel et votre famille en est propriétaire. Quel est le projet de votre entreprise ?

Quand j’ai repris la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH) en 1992, elle se consacrait exclusivement à la fabrication de lait de consommation. Aujourd’hui, grâce à la mise en oeuvre d’une stratégie de diversification de l’offre, nous sommes devenus leader en France sur le segment jus de fruits et nous développons de nouvelles lignes, notamment autour de boissons végétales, comme l’eau de coco ou de bouleau.

L’entreprise et ses collaborateurs sont animés par de fortes valeurs : passion, ambition et humanité. Notre mission ? Etre la référence dans notre métier. Pour y arriver, nous nous efforçons de nous démarquer par une offre de produits différenciés que nous sommes capables de valoriser à la fois auprès du distributeur et du consommateur final.

Nous sommes convaincus qu’un système n’est durable que s’il est équitable

S'engager pour les hommes

Source : la Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel

Sans jamais nous reposer sur nos acquis, nous travaillons jour après jour avec un seul objectif : créer des filières durables où à la fois producteurs, industriels et distributeurs s’y retrouvent, car nous sommes convaincus qu’un système n’est durable que s’il est équitable. C’est aussi la raison pour laquelle 20% de la valeur créée par LSDH est redistribuée à nos salariés via l’intéressement et la participation.

Comment se déclinent ce projet et ces convictions en matière d’approvisionnement ?

Dans cet état d’esprit, nous avons choisi, en tant qu’embouteilleur, de signer un contrat tripartite avec le groupement de producteurs Biolait et le distributeur Système U, il y a maintenant 8 ans. Pour chacune des parties prenantes, ce contrat garantit un volume minimum et une visibilité sur le prix sur une durée de 5 ans. Le lait produit respecte également une charte de qualité, en termes de bien-être animal, d’exclusion des OGM, de nutriments (Omega 3 & 6) au bénéfice du consommateur.

Pour nous, l’idée était simple : nous souhaitions avoir une matière de qualité à traiter dans la durée. Mais nous étions bien conscients que si cette matière, fournie par les producteurs, ne leur permettait pas de se rémunérer correctement, ils ne pourraient pas poursuivre leur activité longtemps. Nous avons alors fixé un prix validé par chaque partie prenante. Les débuts ont été difficiles, mais cela n’a pas freiné notre enthousiasme. Au contraire, le PDG de Système U, Serge Papin, s’est emparé du sujet et a diffusé une publicité nationale expliquant la répartition de la valeur d’un litre de lait (cf. ci-dessous). Le prix défini au départ, est resté inchangé depuis.

Pub U

Bilan des courses : il existe aujourd’hui une filière qui valorise correctement les producteurs et Système U est devenu le leader du segment bio en France sur la partie laitière. Pour LSDH, si en 2005, nous nous posions la question d’arrêter notre activité laitière, en 2017, le lait est redevenu un produit phare de notre entreprise.

Cet exemple témoigne bien que de nouveaux modèles viables peuvent émerger si nous prenons le temps d’expliquer au consommateur la portée de son acte d’achat.

LSDH aujourd'hui

Nous avons recueilli le point de vue de votre client Système U. Quel est le vôtre sur votre relation avec Système U ?

Si nos relations avec Système U n’échappent pas aux problématiques opérationnelles d’un fournisseur envers son client, nous partageons la même vision stratégique et le contrat tripartite avec Système U et Biolait a été le déclencheur d’une nouvelle philosophie contractuelle, qui a fait des petits.

Aujourd’hui, 70% du lait qui passe par lsdh est contractualisé sur ce modèle d’engagement tripartite de longue durée

Eleveur laitier

Plutôt que de nous enfermer chacun dans nos schémas de pensée, il nous a permis de construire un modèle économique résilient et qui répond mieux aux attentes des producteurs, des industriels, des distributeurs et des consommateurs.

Ainsi, aujourd’hui, 70% du lait qui passe par LSDH est contractualisé sur ce modèle d’engagement tripartite de longue durée (3 à 5 ans) avec garantie de volume et stabilité des prix ; nous sommes en train de le déployer sur nos jus de fruits.

Quelles transformations observez-vous dans vos métiers et chez vos clients distributeurs ?

Nous observons déjà que le modèle de contrat tripartite se diffuse à d’autres enseignes comme Lidl, Auchan, Casino, Carrefour, et récemment McDonald’s. Mais plus largement, c’est le modèle de la distribution tout entier et celui des marques qui sont condamnés à se réinventer. A l’heure où le commerce en ligne gagne de plus en plus de terrain, la distribution dispose d’un atout de taille : elle peut offrir des centres de vie où l’on peut dialoguer avec les commerçants et échanger autour des produits. Les distributeurs ont ainsi une carte à jouer auprès du consommateur, tandis que ce dernier, en quête de sens, veut exercer sa liberté et sa responsabilité dans le choix de ses produits.

Face à ce constat, j’ai créé la Marque du Consommateur aux côtés de trois associés en 2016. Cette initiative permet à tous de réaliser collectivement le cahier des charges d’un produit pour concevoir sa méthode de fabrication et le commercialiser au juste prix. La proposition de valeur repose sur l’exigence de transparence concernant la répartition de la valeur ajoutée, l’origine des produits, les techniques d’élevage et l’exclusion des OGM. Le consommateur dispose donc d’une liberté totale dans l’élaboration de son produit.

L’initiative commence à porter ses fruits, avec de nouveaux produits qui apparaissent dans les rayons (lait, jus de fruits, pizza, etc.) et force est de constater que les mentalités évoluent.

Enfin, la France dispose d’atouts considérables pour devenir une référence au niveau mondial en termes d’alimentation. A nous de saisir cette opportunité qui fait du sens aussi bien en tant que citoyen,

C'est qui le patron

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Né en 1965, Emmanuel Vasseneix, est diplômé de l’IESIEL, Institut d’Etudes Supérieures d’Industrie et d’Economie Laitière.

Après deux expériences au sein des laiteries Triballat puis Danone, il intègre à 27 ans la LSDH(Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel) avec pour mission la construction de l’usine, base de son futur développement. Cette laiterie située dans le Loiret a été reprise par son grand-père paternel en 1948. Elle est aujourd’hui spécialisée dans le conditionnement de liquides aseptiques et réfrigérés, en emballage brique et bouteille. En 1994, Emmanuel Vasseneix participe au montage du LMBO permettant à LSDH de revenir sous le giron familial, après avoir appartenu pendant plus de vingt ans au groupe Célia. Il succède à son père en 2002. Si l’innovation est le fer de lance de la société, c’est en instaurant un esprit de responsabilité et de solidarité qu’Emmanuel l’impulse.

Il accélère la diversification de l’entreprise familiale en concluant un partenariat avec Les Jus de Fruits d’Alsace en 2008, avec l’Abeille en 2010 et fin 2013 avec Les Crudettes. Parmi ses nombreuses fonctions, Emmanuel Vasseneix est entre autres Président de Loire&Orléans Eco depuis 2016, et Président de l’Institut Professionnel du Lait de Consommation (I.P.L.C.) depuis 2006.

Retrouvez notre ISR Way #6 en pdf >>

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