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La profonde transformation du secteur automobile

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Alors que la montée en puissance de la transition écologique et énergétique bouscule le secteur automobile, Jean-Philippe Hermine, Directeur Plan et Stratégie Environnement de Renault et PDG de Renault Environnement, revient sur l'avance acquise par l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi quant à la technologie électrique et détaille les ambitions de leadership du Groupe en la matière, dans une interview réalisée pour notre dernière ISR Way consacrée à la NEC.

Dans la métrique développée par Sycomore AM, le groupe Renault-Nissan ressort avec une NEC positive nettement au-dessus de la moyenne[1] des constructeurs automobiles, devant BMW et VW, mais derrière Toyota et PSA. En êtes-vous étonné ?

Je ne suis ni étonné que l’alliance Renault-Nissan ressorte avec une NEC positive ni étonné qu’elle figure dans le trio de tête. Ce résultat est conforme au consensus à l’aune de ces grands enjeux ; il ne peut que varier légèrement selon les évaluations en fonction des horizons (court terme ou moyen terme) ou des enjeux (climatiques, émissions de polluants, etc.) privilégiés.

Notre ADN consiste à développer des solutions technologiques abordables en rupture. Ainsi, Renault-Nissan s’est positionné très tôt sur le véhicule électrique, tandis que le reste du secteur n’y croyait pas nécessairement. Au cours des dix dernières années, nos investissements ont été fléchés dans ce sens, nous procurant une longueur d’avance significative.

Notre offre propose aujourd’hui une gamme complète de véhicules électrifiés et celle-ci est amenée à s’élargir, d’une part dans le domaine des véhicules commerciaux légers et d’autre part avec des produits spécifiques adaptés aux différentes géographies. Nous bénéficions déjà d’un retour d’expérience sur l’électrique et nous travaillons pour améliorer sans cesse nos procédés industriels dans la fabrication de moteurs.

En outre, notre dernier plan stratégique à 6 ans, publié le 6 octobre dernier, est très ambitieux en matière d’électrification. Toutes les annonces récentes confirment cette stratégie de leadership dans le tout électrique, à l’échelle mondiale pour l’Alliance Renault-Nissan et à l’échelle européenne pour Renault.

D’ailleurs, les synergies entre les plateformes de Renault et de Nissan vont se renforcer, ce qui fera de l’Alliance Renault-Nissan le producteur de véhicules électriques le plus important au monde. Ces nouveaux éléments n’ont probablement pas été pris en compte dans notre notation, j’ai donc bon espoir que notre NEC progresse encore.

Gamme Renault Z.E. véhicules électriques

Source : Groupe Renault - Crédits : © Renault Marketing 3D-Commerce

Plusieurs constructeurs ont dû faire face à de nombreux questionnements sur le niveau de pollution réel des véhicules mis sur le marché. La montée en puissance de la transition écologique et énergétique va continuer à nourrir ces interrogations. Face à ces transformations en marche, Renault a notamment amorcé très tôt un virage stratégique vers le véhicule électrique. Ces transformations constituent-elles des menaces ou des opportunités ?

Notre dernier plan stratégique démontre bien notre confiance ainsi que notre engagement dans l’électrification de la mobilité. Compte tenu également de l’orientation favorable des politiques publiques, l’industrie automobile fait face à un profond changement de paradigme. Ayant déjà pris le virage stratégique du véhicule électrique, la nouvelle Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi s’y trouve plutôt bien placée. Pour nous, la transition écologique et énergétique constitue, sans nul doute, une opportunité. A l’horizon du plan stratégique, soit d’ici à 2022, l’objectif de Renault est d’électrifier 50% de son offre. Cela signifie proposer de multiples gammes d’électrification en fonction des usages : depuis des solutions hybrides classiques ou « plug-in » à des moteurs électrifiés. Et ce, à l’échelle mondiale pour l’alliance Renault-Nissan et dans des proportions certainement supérieures au niveau européen ou en Chine où les attentes sont clairement plus importantes.

De plus, nous nous sommes fixés des objectifs très ambitieux concernant le développement de la connectivité, allant jusqu’au véhicule autonome, dont les premières versions devraient être mises en circulation au début des années 2020. Nous visons même le déploiement d’une flotte de taxis autonomes électrifiés en 2022, Renault-Nissan agissant alors en qualité d’opérateur de services.

Schéma et quelques chiffres clés de l'alliance 2022 Renault|Nissan|Mitsubishi

Source : https://www.alliance-2022.com/

La transition écologique et énergétique vous offre-t-elle d’autres opportunités ?

Oui, il en existe de nombreuses. Avec le développement de la voiture électrifiée, il y a un besoin de services de recharge intelligents et de nouvelles interactions avec les réseaux électriques. Les batteries peuvent offrir des utilisations stationnaires pour leur deuxième vie en servant de tampon, stockeur d’électricité par exemple pour gérer l’intermittence de la production d’électricité d’origine éolienne ou solaire. La batterie d’une voiture peut donc créer plus de valeur pour le client et pour le constructeur que la simple propulsion électrique du véhicule.

La démarche d’analyse de cycle de vie (ACV) est largement utilisée par notre Groupe pour comparer les impacts des différents véhicules : les gains apportés par les véhicules électriques sont clairs (à l’instar de l’ACV du modèle Fluence ZE). L’ACV montre aussi les voies de progrès pour poursuivre la réduction de l’empreinte carbone de l’écosystème de mobilité (décarbonisation du mix électrique, économie frugale et circulaire des ressources, économie de la fonctionnalité de la batterie, etc.).

Ecosystème du véhicule électrique Renault

Source : Groupe Renault - Crédits : © Publicis Net Intelligenz

De plus en plus d’investisseurs disent s’intéresser à l’impact environnemental de leurs investissements, notamment en France, sous l’effet de l’article 173 de la loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte, et dans la dynamique de la COP21, le ressentez-vous côté émetteur ?

J’observe que les investisseurs s’intéressent de plus en plus à la décarbonisation et de manière générale, ils savent que les questions environnementales sont centrales pour le secteur automobile. Ils regardent, par exemple, la part de nos investissements de Recherche & Développement destinée aux enjeux environnementaux (plus de 50% pour Renault), ils sont attentifs à notre stratégie et à notre conformité à la législation européenne sur les émissions moyennes des véhicules vendus. Ce phénomène est nettement perceptible chez les investisseurs depuis 3 ans.

J’observe que les investisseurs s’intéressent de plus en plus à la décarbonisation et de manière générale, ils savent que les questions environnementales sont centrales pour le secteur automobile.

Qu’est-ce qui a le plus changé selon vous dans vos métiers depuis 10 ans ?

Tout le monde s’accorde à dire que le secteur automobile vit plusieurs transformations en même temps. D’une part, le modèle central B2C (business to consumer) recule devant de nouveaux usages et les clients finaux sont plus demandeurs d’intermodalité et de flexibilité ; ils sont moins intéressés par la propriété du véhicule : la nature de la demande se transforme profondément. D’autre part, la transition écologique et la digitalisation introduisent de nouvelles règles du jeu. Je suis frappé par le regain d’intérêt que les jeunes expriment pour le secteur automobile qu’ils perçoivent à juste titre comme un domaine en pleine transformation, riche en défis et en opportunités.

Retrouvez l'interview de Jean-Philippe Hermine en pdf en cliquant ici


Diplômé en 1987 de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie de Nancy, Jean-Philippe Hermine intègre alors une équipe de chercheur au Nord de la Suède travaillant sur les glaciers de l’Arctique et Antarctique.

En 1992, il part aux Etats-Unis pour développer une spécialité dans le domaine naissant des pollutions industrielles des sols et nappes phréatiques au sein du plus important bureau de conseil en Environnement CH2M Hill.

Il intègre ensuite la filiale parisienne du Groupe pour y développer l’activité d’audits environnementaux dans le cadre d’opérations de cession/acquisition.

Il entre chez Renault en 1996 pour piloter l’ensemble des audits environnementaux dans le cadre des restructurations et transactions du Groupe (RVI, Volvo, Dacia, Samsung…)

En 2009, il est nommé chef du service Energie, Hygiène, Sécurité et Environnement pour l’ensemble des sites industriels du Groupe Renault dans le monde.

Depuis le 1er juillet 2011, il occupe les fonctions de Directeur Stratégie Plan Environnement de Renault en charge de définir et mettre en œuvre la politique environnement du Groupe en matière de produits, de production et pour l’ensemble des marques et activités. Il est également PDG de Renault Environnement, une holding gérant les participations de Renault dans trois filiales dans le domaine du recyclage.

[1] En se basant sur les émissions de gaz à effet de serre et les polluants de l’air rapportés au passager.kilomètre et au tonne.kilomètre.

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