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Sur la voie d’une mobilité durable

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Interviewé à l’occasion de notre ISR Way #7, Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom, nous expose sa vision des villes de demain et des solutions émergentes qui les façonneront. Il nous éclaire sur la stratégie d’Alstom pour s’emparer des opportunités dans ce contexte de métamorphoses (urbaines).

Dans la métrique développée par Sycomore AM, Alstom ressort avec une NEC maximale de +100%[1], c’est-à-dire une éco-solution dans la mobilité des personnes et des marchandises aux côtés du vélo et de la voiture en partage. En êtes-vous étonné ?

Intrinsèquement, le train émet moins de dioxyde de carbone et de particules que d’autres moyens de transport tels que l’automobile, rapportés au passager.kilomètre ou à la tonne.kilomètre. Je ne suis donc nullement surpris qu’Alstom ressorte comme une éco-solution, mais j’y apporterais deux compléments.

D’une part, le nombre de trains au diesel en circulation reste encore élevé dans de nombreux pays : cela pose problème lorsqu’ils opèrent sur de grandes portions de lignes non électrifiées, comme on l’observe en Allemagne. Etant donné que l’électrification des lignes coûte cher, le train à hydrogène constitue une alternative au diesel. A cet égard, Alstom figure parmi les pionniers dans le développement des trains à hydrogène « vert », avec la solution Coradia iLint[2], opérationnelle et offrant 600 kilomètres d’autonomie.

Coradia

D’autre part, l’empreinte au sol des infrastructures de transport est un paramètre important de l’évaluation environnementale. A titre d’illustration, aujourd’hui à Paris, les automobiles représentent 7% des déplacements et 77% d’occupation de l’espace public[3] tandis que les métros ont été installés en sous-sol. Il est facile d’imaginer qu’un regain d’espace ouvre la voie à plus d’espaces verts en ville. Il y a là un réel enjeu pour les villes de demain. Ainsi, les métros ou les tramways, à l’instar du système intégré Attractis3[4], s’avèrent beaucoup plus économes en consommation d’espaces urbains.
Enfin, au-delà des émissions de gaz et de la consommation d’espace physique induites par nos solutions, nous continuons bien sûr à minimiser encore davantage l’intensité énergétique de la fabrication de nos trains.

Quelle est la réflexion menée par Alstom face aux enjeux liés au réchauffement climatique ?

En premier lieu, comme évoqué précédemment, nous cherchons des solutions pour atténuer le changement climatique. Mais aujourd’hui, la question est aussi de s’adapter face à ce changement. En ce sens, la Banque Mondiale ouvre la voie et entraîne d’autres acteurs dans son sillage : nous devons à présent détailler, de façon systématique, la résilience de nos systèmes face à des scénarios d’élévation du niveau des océans, pour tous les projets financés par l’organisation et pour un nombre croissant d’organismes financiers multilatéraux.

A ce sujet, j’ai été marqué par la réponse concrète proposée par la municipalité de New York pour son métro, ce dernier ayant été ravagé par le passage de l’ouragan Sandy en 2012 et certaines stations étant encore fermées il y a peu. Pour éviter que des incidents de cette ampleur ne se réitèrent, une analyse de la situation a été menée. Bilan : comme il est impossible de rendre le métro totalement étanche, en cas de nouvelles inondations, ses installations électriques devront déménager. Ainsi, les premiers étages d’immeubles à proximité des stations ont été investis pour y installer les armoires électriques nécessaires au fonctionnement du métro. Si les ouragans se font de plus en plus récurrents, les dégâts seront, eux, nettement moindres que ceux provoqués par le passage de Sandy.

Alstom et plus généralement le transport ferroviaire apparaissent ainsi bien alignés avec les objectifs de la transition écologique et énergétique, ce qui rend vos perspectives plus résilientes. Qui pourrait menacer cette position ? Quelles autres modes de transport ou solutions pourraient vous concurrencer demain (hyperloop, …) ?

A l’inverse du secteur de l’énergie qui a vu défiler des modes de production aux technologies très variées, l’industrie du transport s’est renouvelée de façon bien plus limitée. Depuis son invention, rien n’a été trouvé de mieux que le transport sur roue, acier contre acier. Je ne crois donc pas qu’un autre mode de transport puisse supplanter le train. A mon sens, la vraie limite du transport ferroviaire réside dans la « non-mobilité » ou immobilité et nos prochains concurrents sont les opérateurs télécoms.

A mon sens, la vraie limite du transport ferroviaire réside dans la « non-mobilité » ou immobilité et nos prochains concurrents sont les opérateurs télécoms

Et si à l’heure actuelle, la mobilité ne cesse de croître et qu’elle ne souffre pas de politiques allant à son encontre, comme l’énergie a pu en pâtir, cette croissance atteindra forcément un pic dans le futur.

La transition écologique et énergétique vous offre-t-elle d’autres opportunités ?

A l’ère de la globalisation des enjeux de mobilité, aucune ville ne peut faire l’économie d’une réflexion sur ces sujets, à la fois pour des questions environnementales mais aussi pour des questions d’encombrement physique. Dans sa stratégie, Alstom a choisi d’être un acteur global et cherche à ancrer sa présence partout dans le monde. D’où l’intérêt de notre rapprochement avec Siemens.

Ensuite, les systèmes ferroviaires n’ont pas beaucoup évolué quand les autres modes de transport se transforment rapidement, à l’instar de l’automobile au travers des modèles hybrides et électriques. Les défis de la mobilité sont cruciaux, nous ne pouvons plus nous permettre d’optimiser chaque mode de transport de façon isolée. Il faut désormais penser en termes de « système complet », pointant vers des solutions clés en main globales pour les villes. Par exemple, nous avons récemment présenté notre centre de contrôle multimodal à Montréal, celui-ci pouvant assurer à la fois la gestion du trafic du métro, celle des bus, mais aussi la présence des forces de l’ordre, les itinéraires des ambulances, etc.

Centre de contrôle

Or, historiquement le transport ferroviaire s’est construit de manière assez isolée. Il doit sortir de cet isolement pour être capable de proposer des solutions agiles de mobilité multimodales. C’est là une formidable opportunité pour notre activité ainsi que l’un des grands enjeux de notre fusion avec Siemens. L’idée sous-jacente : avoir une force de frappe plus importante dans nos technologies mais aussi dans notre manière d’opérer. Ainsi, nous pourrons construire des partenariats forts avec les autorités des villes, voire même avec des solutions telles que Waze, pour permettre d’orienter les flux de mobilité de façon plus intelligente et plus fluide pour tous, y compris à la sortie d’un match de football !

Tramway

De plus en plus d’investisseurs disent s’intéresser à l’impact environnemental de leurs investissements,

notamment en France, sous l’effet de l’article 173 de la loi sur la Transition Energétique pour la Croissance Verte, et dans la dynamique de la COP21, le ressentez-vous côté émetteur ?

S’il y a un changement de comportement à noter autour des questions environnementales, il émane avant tout de nos clients. Aujourd’hui, nous avons une équipe qui s’occupe spécifiquement du volet environnemental dans nos appels d’offres et celle-ci ne fait que se renforcer. Du côté des investisseurs, le changement est encore peu perceptible, mais nous observons des marques d’intérêts en particulier de la part de gérants thématiques. Nous participons à de plus en plus de conférences et d’entretiens ciblés sur ces enjeux. Depuis deux ans, Alstom s’est recentré sur le transport. De facto, notre positionnement d’acteur de la mobilité durable suscite davantage d’attention de la part des investisseurs orientés vers l’ESG et l’investissement responsable.

Alstom


Henri Poupart-Lafarge est Président-directeur général d’Alstom. Henri était également Président d'Alstom Transport et Vice-Président Exécutif d’Alstom depuis 2011 jusqu’à ce qu’Alstom soit recentré sur le transport. En 2010, Henri Poupart-Lafarge a été nommé Vice-Président Exécutif et Président d'Alstom Grid. D'octobre 2004 à juin 2010, il a été Directeur financier d'Alstom et membre du Comité exécutif. De 2000 à 2004, il a occupé la fonction de Senior Vice-Président de la Finance pour le Secteur Transmission et Distribution. Il a rejoint Alstom en 1998. Henri Poupart-Lafarge a débuté sa carrière en 1992 au sein de la Banque mondiale à Washington, avant d'entrer au ministère de l'Économie et des Finances français en 1994. Henri Poupart-Lafarge est diplômé de l'École Polytechnique, de l'École nationale des Ponts et Chaussées et du Massachussetts Institute of Technology (MIT).

Accédez à notre ISR Way #7 en cliquant ici

Les opinions et estimations données constituent notre jugement et sont susceptibles de changer sans préavis, de même que les assertions quant aux tendances des marchés financiers, qui sont fondées sur les conditions actuelles de ces marchés. Nous pensons que l'information fournie dans ces pages est fiable, mais elle ne doit pas être considérée comme exhaustive. Ces données, graphiques ou extraits ont été calculés ou effectués sur la base d'informations publiques que nous estimons fiables mais qui toutefois n'ont pas fait l'objet d'une vérification indépendante de notre part.

[1] En se basant sur les émissions de gaz à effet de serre et les polluants de l’air rapportés au passager.kilomètre et au tonne.kilomètre,

[2] http://www.alstom.com/fr/press-centre-francais/2016/9/alstom-devoile-son-train-zero-emission-le-coradia-ilint-au-salon-innotrans/

[3] Source : Mairie de Paris. http://immobilier.lefigaro.fr/article/sept-places-emblematiques-de-paris-vont-etre-reamenagees_e8989cb6-e38d-11e5-9c99-0daa01a1e3b6/?pagination=10

[4] http://www.alstom.com/fr/products-services/product-catalogue/systemes-ferroviaires/systemes/produits/attractis-solution-de-tramway-integree/

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Conférence annuelle 2018 : l’entreprise à mission

08.02.2018
Rendez-vous le 8 février 2018 à la Salle Pleyel à l’occasion de la conférence annuelle de Sycomore AM. Placée sous le signe de l’entreprise à mission, la conférence réunira de nombreux dirigeants influents et inspirants pour en donner des illustrations tangibles. En tant qu’invité...Lire
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